Tableau de bord Excel : du premier graphique à la mise à jour
Le tutoriel complet pour construire un tableau de bord sur Excel, des données aux segments, avec un modèle gratuit. Puis ce qu'Excel ne fait pas, et quand passer à une base de données.
Un tableau de bord Excel tient sur un écran et répond à une question simple : où en sommes-nous ? Il se construit en trois temps. D'abord des données propres dans un tableau, puis quelques indicateurs bien choisis, enfin un affichage qui se lit en dix secondes. Ce guide suit ces étapes avec les noms de menus de l'Excel français, tels qu'ils figurent sur le support de Microsoft.
Pour suivre sur un vrai fichier, téléchargez notre modèle de tableau de bord Excel gratuit. Il compte deux feuilles : « Tableau de bord », avec les indicateurs et leurs formules, puis « Ventes », avec 120 ventes d'exemple. Il ne contient ni tableau croisé dynamique ni graphique : vous les ajouterez en suivant les étapes ci-dessous.
Qu'est-ce qu'un tableau de bord Excel ?
Un tableau de bord Excel est une feuille qui résume des données brutes en quelques indicateurs, graphiques et filtres. Il ne contient pas les données : il les lit dans un tableau source, les calcule et les affiche. Son but est de décider sans ouvrir la feuille de données ni recalculer à la main.
Une erreur courante consiste à mettre les données, les calculs et les graphiques au même endroit. Le fichier marche le premier mois, puis chaque ajout de ligne décale un graphique ou casse une formule. Mieux vaut séparer trois couches :
| Couche | Où, dans le modèle | Contenu | Qui la touche |
|---|---|---|---|
| Données | Feuille « Ventes » | Une ligne par vente, une colonne par information | Ceux qui saisissent |
| Calculs | Feuille « Tableau de bord », colonnes A à E | Formules SOMME, SOMME.SI.ENS, NB.SI.ENS | Celui qui construit |
| Affichage | Feuille « Tableau de bord », à droite des formules | Tableau croisé dynamique, graphique et segments, à ajouter | Tout le monde, en lecture |
Vous pouvez ainsi ajouter cent lignes de ventes sans toucher aux formules : elles lisent le tableau Ventes en entier.
Comment préparer les données ?
Les données d'un tableau de bord doivent être rangées en liste : une ligne par événement (une vente, une commande, une intervention), une colonne par information, une seule ligne d'en-tête. Transformez ensuite cette plage en tableau Excel avec Ctrl+T. Les formules qui citent ce tableau suivront chaque ligne ajoutée.
Les règles d'une feuille de données propre
Microsoft fixe des conditions pour analyser des données avec un tableau croisé dynamique. Il faut des colonnes avec une seule ligne d'en-tête, sans ligne ni colonne vide (Microsoft Support, « Créer un tableau croisé dynamique »). La même page conseille de ne pas mélanger les types de données dans une colonne. Concrètement, vérifiez trois points avant de créer le tableau :
- Aucune ligne ni colonne vide au milieu des données.
- Un seul type par colonne : de vraies dates dans « Date », des nombres sans unité dans « Montant HT ». Écrivez 1250, pas « 1 250 € HT » ; l'unité va dans le nom de la colonne.
- Des valeurs saisies toujours pareil : « Julie Martin » et « J. Martin » font deux commerciaux.
Mettre sous forme de tableau et nommer le tableau
Cliquez dans une cellule des données, puis appuyez sur Ctrl+T ou choisissez Insérer, Tableau. Dans la boîte « Créer un tableau », confirmez la plage et vérifiez que « Mon tableau comporte des en-têtes » est cochée (Microsoft Support, « Insérer un tableau »). La même page cite une autre voie : Accueil, Formater en table, puis un style.
Donnez ensuite un nom parlant au tableau. Sélectionnez une cellule du tableau : l'onglet Tableau Conception apparaît sur le ruban. Tapez le nom dans la zone nom de la table, par exemple « Ventes », puis appuyez sur Entrée.
Ce nom change tout pour la suite. Au lieu d'écrire =SOMME(F2:F121), vous écrivez =SOMME(Ventes[Montant HT]). Microsoft appelle cela une référence structurée, et elle s'adapte automatiquement quand vous ajoutez des lignes au tableau (Microsoft Support, « Utilisation de références structurées avec des tableaux Excel »). Fini les plages à rallonger à la main chaque mois.
Le modèle applique cette règle. La feuille « Ventes » contient un tableau nommé Ventes à six colonnes : Date, Client, Commercial, Produit, Quantité, Montant HT. Ses 120 lignes d'exemple sont datées de janvier à octobre 2026.
Quels indicateurs choisir ?
Un tableau de bord lisible affiche quatre à six indicateurs clés (KPI), pas vingt. Choisissez ceux qui déclenchent une action quand ils bougent. Pour un suivi commercial, le chiffre d'affaires, le nombre de ventes, le panier moyen, le chiffre du mois en cours, l'évolution mensuelle et la répartition par commercial couvrent l'essentiel.
Un bon test : pour chaque indicateur, demandez-vous ce que vous feriez s'il baissait de 20 %. Si la réponse est « rien », il n'a pas sa place en haut de la page. Voici les indicateurs du modèle et leur place dans la feuille « Tableau de bord ».
| Indicateur | Question à laquelle il répond | Cellules | Formule dans le modèle |
|---|---|---|---|
| Chiffre d'affaires total | Combien avons-nous vendu ? | E2 | =SOMME(Ventes[Montant HT]) |
| Nombre de ventes | Combien de ventes avons-nous conclues ? | E3 | =LIGNES(Ventes) |
| Panier moyen | Combien rapporte une vente en moyenne ? | E4 | =E2/E3 |
| CA du mois en cours | Où en est le mois ? | E5 | SOMME.SI.ENS sur les dates du mois en cours |
| CA par mois | La tendance monte-t-elle ? | B6:B17 | SOMME.SI.ENS, une ligne par mois de 2026 |
| CA par commercial | Qui porte le chiffre ? | B20:C23 | SOMME.SI.ENS pour le montant, NB.SI.ENS pour le nombre |
Les libellés des quatre premiers indicateurs sont en D2:D5, face à leur formule. Les mêmes principes valent pour d'autres métiers. Un atelier suivra plutôt les commandes en retard et le taux de rebut. Un stock suivra les articles sous le seuil de réapprovisionnement, comme dans notre guide de la gestion de stock sur Excel.
Comment calculer les KPI avec SOMME.SI.ENS et NB.SI.ENS ?
SOMME.SI.ENS additionne une colonne en ne gardant que les lignes qui remplissent une ou plusieurs conditions ; NB.SI.ENS compte ces lignes. Ces deux fonctions suffisent pour presque tous les indicateurs d'un tableau de bord. Leur avantage : ce sont des formules, qui se recalculent dès qu'une donnée change, sans actualisation.
La syntaxe de SOMME.SI.ENS
La syntaxe est SOMME.SI.ENS(somme_plage; plage_critères1; critères1; [plage_critère2; critères2]; …), avec jusqu'à 127 paires plage et critère (Microsoft Support, « Fonction SOMME.SI.ENS »). Microsoft signale le piège classique : la plage à additionner est le premier argument de SOMME.SI.ENS, mais le troisième de SOMME.SI.
Dans le modèle, le titre « CA par commercial » est en A18, les en-têtes en A19:C19 et les noms des commerciaux en A20:A23. Le chiffre d'affaires du commercial nommé en A20 s'écrit ainsi, en B20 :
=SOMME.SI.ENS(Ventes[Montant HT];Ventes[Commercial];A20)
La formule est recopiée jusqu'en B23, une ligne par commercial. Pour ajouter une condition sur le produit, ajoutez une paire ;Ventes[Produit]; suivie du nom du produit entre guillemets.
Le CA par mois, sans colonne « Mois »
Beaucoup de fichiers ajoutent une colonne « Mois » à la feuille de données pour pouvoir sommer par mois. C'est inutile. Le modèle place le premier jour de chaque mois de 2026 en A6:A17, sous les en-têtes A5:B5. En B6, deux conditions encadrent les dates :
=SOMME.SI.ENS(Ventes[Montant HT];Ventes[Date];">="&A6;Ventes[Date];"<="&FIN.MOIS(A6;0))
FIN.MOIS(A6;0) renvoie le dernier jour du mois de la date en A6. La formule additionne donc les ventes du 1er au dernier jour du mois. Elle est recopiée jusqu'en B17. Les données d'exemple s'arrêtant en octobre, novembre et décembre affichent 0 tant que vous n'ajoutez pas de ventes.
Le CA du mois en cours
Le même principe, appliqué à la date du jour, donne en E5 un indicateur qui change seul chaque 1er du mois :
=SOMME.SI.ENS(Ventes[Montant HT];Ventes[Date];">="&DATE(ANNEE(AUJOURDHUI());MOIS(AUJOURDHUI());1);Ventes[Date];"<="&FIN.MOIS(AUJOURDHUI();0))
Attention : à partir de novembre 2026, cette cellule affiche 0 dans le modèle, faute de ventes d'exemple sur le mois. Elle se remplit dès que vous saisissez vos propres ventes.
Compter avec NB.SI.ENS
NB.SI.ENS fonctionne de la même façon, sans colonne à additionner. Microsoft précise qu'elle compte le nombre de fois où tous les critères sont remplis, avec là aussi 127 paires au plus (Microsoft Support, « NB.SI.ENS »). En C20, le nombre de ventes du commercial s'écrit =NB.SI.ENS(Ventes[Commercial];A20). Pour son panier moyen, ajoutez en D20 la formule =B20/C20.
Tableau croisé dynamique et graphique : la partie interactive
Un tableau croisé dynamique résume un tableau en quelques glisser-déposer, sans formule : CA par produit, nombre de ventes par client. Microsoft le décrit comme un outil capable de calculer, synthétiser et analyser des données. C'est lui qui portera le graphique et les segments. Le modèle n'en contient pas : créez-le en cinq étapes.
Pourquoi partir du tableau Ventes ? La page de Microsoft citée plus haut l'explique : les lignes ajoutées à un tableau sont incluses dans le tableau croisé dynamique quand vous actualisez.
- Cliquez dans le tableau Ventes.
- Choisissez Insérer, puis Tableau croisé dynamique.
- Vérifiez que la source est « Ventes ». Choisissez Feuille de calcul existante, puis la cellule G2 de la feuille « Tableau de bord », et OK.
- Dans la liste des champs, faites glisser « Produit » dans la zone Lignes.
- Faites glisser « Montant HT » dans la zone Valeurs. Microsoft indique que les valeurs s'affichent par défaut sous forme de somme.
Vous obtenez le CA par produit, le seul axe que les formules du modèle ne couvrent pas.
Formules ou tableau croisé dynamique : lequel choisir ?
Les deux outils se complètent. Les formules sont précises et toujours à jour ; le tableau croisé est rapide à construire et se filtre d'un clic.
| Critère | SOMME.SI.ENS / NB.SI.ENS | Tableau croisé dynamique |
|---|---|---|
| Mise à jour | Automatique | Après une actualisation |
| Mise en page | Libre, cellule par cellule | Imposée par le tableau croisé |
| Filtrage par segment | Non | Oui |
| Changer d'axe d'analyse | Réécrire les formules | Glisser un autre champ |
| Usage idéal | Indicateurs du haut de page | Graphiques et détail filtrables |
Le modèle suit ce partage : les indicateurs sont des formules, et le détail filtrable sera votre tableau croisé dynamique.
Ajouter un graphique croisé dynamique
Un graphique croisé dynamique est un graphique relié à un tableau croisé dynamique. Cliquez dans le tableau croisé, choisissez Insérer, Graphique croisé dynamique, puis sélectionnez un graphique (Microsoft Support, « Créer un graphique croisé dynamique »). Sur Mac, la même page indique qu'il faut d'abord créer le tableau croisé. Seuls quatre types y sont compatibles : histogramme, courbes, secteurs et radar.
Pour comparer des produits, un histogramme ou des barres suffisent : l'écart se lit d'un coup d'œil. Évitez les effets 3D, qui déforment les proportions. Placez le graphique sous le tableau croisé, à droite des indicateurs.
Segments et chronologies : filtrer d'un clic
Les segments sont des boutons de filtre posés sur la feuille ; la chronologie est un curseur de dates. Reliés à plusieurs tableaux croisés dynamiques, ils filtrent d'un seul clic tous les graphiques qui en dépendent : un commercial, un produit, un trimestre. C'est ce qui rend un tableau de bord Excel interactif.
Insérer un segment
Cliquez dans le tableau croisé dynamique puis, dans l'onglet Insertion, sélectionnez Segment. Dans la boîte « Insérer des segments », cochez « Commercial » et « Produit », puis OK (Microsoft Support, « Utiliser des segments pour filtrer les données »). Placez les segments au-dessus du tableau croisé.
Pour qu'un segment pilote un autre tableau croisé, sélectionnez-le, puis onglet Segment, Connexions de rapports, et cochez les tableaux concernés. Microsoft précise une condition : les tableaux croisés doivent partager la même source de données. Créez-les donc tous à partir du tableau Ventes.
Insérer une chronologie
Pour filtrer par période, utilisez une chronologie. Cliquez dans le tableau croisé pour afficher les Outils de tableau croisé dynamique, puis Analyser, Insérer une chronologie, et cochez « Date ». Elle filtre par années, trimestres, mois ou jours (Microsoft Support, « Créer une chronologie de tableau croisé dynamique »). Une même chronologie peut filtrer plusieurs tableaux croisés de même source, via Options, Connexions de rapport.
Une limite à connaître : un segment ou une chronologie ne filtre que les tableaux croisés qui lui sont connectés. Les formules SOMME.SI.ENS du modèle continuent de lire tout le tableau Ventes. Indiquez la période sous chaque indicateur (« 2026 ») pour éviter les malentendus.
Disposer le tableau de bord sur un écran
Un tableau de bord se lit comme une page de journal : le plus important en haut à gauche, le détail en bas. Placez les quatre indicateurs clés en tuiles sur une ligne, le graphique d'évolution au centre, la répartition à droite ou en dessous, et les filtres au-dessus. Le tout doit tenir sur un écran sans défilement.
Quelques règles de mise en page font la différence :
- Des tuiles avec leur période (« 2026 », « novembre »), le chiffre en grand.
- Une couleur d'accent, pas cinq. Le gris pour le contexte, la couleur pour ce qui doit attirer l'œil.
- Des nombres arrondis : « 48,2 k€ » se lit plus vite que « 48 213,57 € » dans une tuile.
- Une ligne « Mis à jour le » avec la date de la dernière actualisation.
Comment mettre à jour le fichier ?
Les formules SOMME.SI.ENS et NB.SI.ENS se mettent à jour seules dès qu'une ligne est ajoutée au tableau Ventes. Les tableaux croisés dynamiques et leurs graphiques, non : il faut choisir Données, Actualiser tout, ou appuyer sur Ctrl+Alt+F5. Sans cette étape, les tableaux croisés affichent des chiffres en retard sur les formules.
Microsoft documente les deux raccourcis : Ctrl+Alt+F5 actualise toutes les données du classeur, Alt+F5 seulement la sélection (Microsoft Support, « Actualiser une connexion de données externes dans Excel »). Pour limiter les oublis, réglez chaque tableau croisé : Analyse du tableau croisé dynamique, Options, onglet Données, « Actualiser les données lors de l'ouverture du fichier ».
Reste la vraie question : d'où viennent les nouvelles lignes ? Souvent, quelqu'un exporte un fichier depuis le logiciel de facturation ou le CRM, puis le colle dans la feuille « Ventes ». Voici le cycle typique, et ce qu'il risque à chaque fois :
| Étape | Qui | Risque |
|---|---|---|
| Exporter les ventes du mois depuis un autre logiciel | Une personne désignée | Export oublié ou mauvaise période |
| Coller les lignes sous le tableau Ventes | La même personne | Colonnes décalées, doublons, dates en texte |
| Actualiser tout | La même personne | Tableaux croisés en retard sur les formules |
| Envoyer ou republier le fichier | La même personne | Plusieurs versions en circulation |
Excel sait réduire une partie de ce travail quand les données arrivent par une connexion, par exemple une requête Power Query. La même page de Microsoft décrit deux réglages, dans les propriétés de la connexion, onglet Utilisation. Le premier actualise à l'ouverture du fichier, le second toutes les N minutes. Il faut cependant une source accessible, et quelqu'un pour maintenir la requête quand l'export change.
Comment partager un tableau de bord Excel ?
Pour travailler à plusieurs sur le même classeur, Excel propose la co-édition : le fichier est enregistré sur OneDrive ou SharePoint Online, puis partagé avec le bouton Partager. Elle demande un abonnement Microsoft 365 ; une personne sans version compatible peut modifier dans le navigateur. Sinon, il reste l'envoi par e-mail, une copie par destinataire.
Microsoft détaille les conditions (Microsoft Support, « Collaborer sur des classeurs Excel simultanément avec la co-édition »). Le fichier doit être au format .xlsx, .xlsm ou .xlsb, sur OneDrive, OneDrive Entreprise ou SharePoint Online. Les sites SharePoint locaux ne sont pas pris en charge. Si une personne ouvre le fichier avec une version sans co-édition, les autres voient un message « Fichier verrouillé ».
Par défaut, tous les destinataires peuvent modifier. Pour un lecteur qui doit seulement consulter, décochez « Peut modifier » au moment du partage. Pour savoir qui a changé quoi, utilisez Révision, Afficher les modifications, qui couvre les 365 derniers jours (Microsoft Support, « Afficher les modifications apportées dans un classeur »).
Un point est souvent sous-estimé : partager le classeur, c'est partager toutes ses feuilles. Le directeur qui ne devait voir que quatre tuiles accède aussi à chaque vente de la feuille « Ventes ».
Où le tableau de bord Excel atteint-il ses limites ?
Excel est un très bon outil pour construire un tableau de bord seul, sur des données qu'on maîtrise. Ses limites apparaissent quand plusieurs personnes saisissent, que d'autres veulent consulter, et que les données viennent d'ailleurs. À ce stade, le problème n'est plus la formule : c'est l'organisation autour du fichier.
Le tableau de bord Excel est souvent le premier prototype d'un outil d'équipe. Il prouve quels chiffres comptent et sous quelle forme. C'est sa réussite qui fait apparaître ses limites, pas son échec. Voici les signes qu'il est temps de passer à autre chose :
| Situation | Ce qu'Excel propose | Ce qui coince |
|---|---|---|
| Les données viennent d'un autre logiciel | Export et copier-coller, ou Power Query | Une personne doit refaire l'opération ou maintenir la requête |
| Plusieurs personnes saisissent des ventes | Co-édition sous Microsoft 365 | Chaque éditeur peut modifier toutes les cellules, formules comprises |
| Certains doivent seulement consulter | Partage sans « Peut modifier » | Le lecteur accède aussi à toutes les lignes de données |
| Il faut savoir qui a changé un chiffre | Afficher les modifications (365 derniers jours) | Un historique, pas des droits par colonne |
| Un client veut voir l'état de sa commande | Un fichier filtré envoyé par e-mail | Un fichier par client, à refaire à chaque fois |
| Les tableaux croisés et les formules divergent | Actualiser tout | Dépend d'un clic que chacun peut oublier |
Si vous êtes seul à remplir le fichier et à le lire, rien de tout cela ne vous concerne : gardez Excel. Si deux lignes du tableau vous décrivent, la suite de cet article est pour vous.
Passer à un tableau de bord qui se met à jour seul
Un tableau de bord partagé lit directement des données communes, au lieu d'une copie collée dans un fichier. Chaque saisie, par formulaire ou dans la base, apparaît dans les chiffres et les graphiques. Il n'y a plus de fichier à envoyer : les lecteurs ouvrent un lien et voient l'état du moment.
C'est le principe d'une base de données no-code comme Rangee, que nous éditons. Les ventes vivent dans une table que plusieurs éditeurs remplissent. Le tableau de bord est une interface assemblée par blocs (chiffres clés, graphiques, listes) au-dessus de cette table. Chaque lecteur ne voit que les pages d'interface partagées avec lui.
Partir du fichier Excel existant
Le travail fait dans Excel n'est pas perdu. L'import intelligent de Rangee lit un fichier Excel et en fait une base et une interface adaptées à son usage : tableaux de bord, listes, fiches. Le modèle d'IA ne reçoit que le profil du fichier : noms de colonnes, types et au plus dix valeurs d'exemple. Il ne reçoit jamais le fichier entier, et il tourne dans l'Union européenne.
Avec notre modèle, la feuille « Ventes » devient une table Ventes de six champs. Les 120 lignes d'exemple tiennent dans le plan Free, limité à 500 enregistrements par base (voir les tarifs).
Le champ agrégation, l'équivalent de SOMME.SI.ENS entre tables
Dans le modèle Excel, le CA par commercial est une colonne de formules SOMME.SI.ENS, une par nom. Dans Rangee, la même idée prend la forme d'un champ agrégation. Dans une table Commerciaux, un champ « CA 2026 » additionne les montants de la table Ventes. Il ne garde que les ventes de ce commercial datées de 2026.
Le champ agrégation calcule des totaux, des moyennes ou des comptes entre deux tables, sans table de jointure ni colonne intermédiaire. Il évite les tables « Mois » ou « Année » qu'il faut souvent créer pour regrouper des données. Les graphiques et chiffres clés de l'interface regroupent, eux, directement par période (année, trimestre, mois, semaine, jour) ou par valeur.
Ce qui change par rapport à Excel
| Besoin | Tableau de bord Excel | Tableau de bord Rangee |
|---|---|---|
| Mise à jour | Copier-coller puis Actualiser tout | Les chiffres suivent chaque saisie |
| Saisie à plusieurs | Co-édition Microsoft 365, chacun modifie tout | Éditeurs sur la base, avec journal d'audit |
| Consultation | Le lecteur accède au classeur entier | Le lecteur ne voit que les pages partagées avec lui |
| Coût des lecteurs | Selon votre licence Microsoft 365 | Lecteurs et commentateurs gratuits |
| Filtres | Segments reliés aux tableaux croisés | Filtres de page (période, personne, choix) reliés aux blocs |
| Hébergement | Selon votre stockage OneDrive ou SharePoint | Données hébergées dans l'Union européenne |
Côté prix, le plan Free n'expire pas et donne accès aux mêmes fonctions que les autres plans, avec des volumes réduits : une base, 500 enregistrements, cinq interfaces. Le plan Pro coûte 5 € par éditeur et par mois, et seuls les éditeurs sont facturés. Pour situer ces prix, consultez notre comparatif des bases de données no-code et notre relevé des prix par utilisateur.
Rangee ne remplace pas Excel pour tout. Pour une analyse ponctuelle, une simulation ou un calcul financier, le tableur reste plus souple. Rangee convient quand le tableau de bord est alimenté par plusieurs personnes et lu par d'autres.
Excel ou base de données : comment choisir ?
Restez sur Excel si vous êtes seul à saisir, si les données changent une fois par mois et si le tableau de bord se lit en réunion. Passez à une base de données si plusieurs personnes saisissent, si d'autres consultent sans modifier, ou si vous recopiez des données chaque semaine.
Un dernier critère, souvent oublié : le temps passé à mettre à jour. Notez combien de minutes prennent chaque mois l'export, le collage et l'actualisation, puis comparez ce temps au prix d'un outil.
Dans tous les cas, commencez par Excel. Le modèle de tableau de bord gratuit vous fait gagner la première heure : données d'exemple, indicateurs et formules sont prêts. Ajoutez le tableau croisé dynamique, un graphique et un segment en suivant les étapes ci-dessus. Vous saurez vite si votre tableau de bord doit rester un fichier.
Le jour où il doit devenir un outil d'équipe, importez ce même fichier dans Rangee : la base et le tableau de bord se créent à partir de vos colonnes. Essayer Rangee gratuitement : le plan Free n'expire pas.
Questions fréquentes
Comment faire un tableau de bord sur Excel simplement ?
Mettez vos données sous forme de tableau avec Ctrl+T et nommez-le. Calculez ensuite quatre à six indicateurs avec SOMME.SI.ENS et NB.SI.ENS. Ajoutez un tableau croisé dynamique, un graphique croisé dynamique et un segment pour filtrer. Disposez les indicateurs en haut, le graphique au centre et le détail en dessous. Notre modèle gratuit contient déjà les données d'exemple et les formules.
Quelle est la différence entre un tableau croisé dynamique et SOMME.SI.ENS ?
SOMME.SI.ENS est une formule : vous choisissez exactement ce qu'elle additionne, et elle se recalcule dès qu'une donnée change. Le tableau croisé dynamique résume un tableau en quelques glisser-déposer et se filtre avec des segments. Il ne se met à jour qu'après une actualisation. Un bon tableau de bord combine souvent les deux : formules pour les indicateurs, tableau croisé pour le détail.
Pourquoi mon tableau croisé dynamique ne se met-il pas à jour ?
Microsoft l'indique : après un ajout de données à la source, les tableaux croisés qui en dépendent doivent être actualisés. Faites un clic droit dans le tableau croisé puis Actualiser, ou appuyez sur Ctrl+Alt+F5 pour tout le classeur. Dans Analyse du tableau croisé dynamique, Options, onglet Données, vous pouvez aussi cocher l'actualisation à l'ouverture du fichier.
Peut-on partager un tableau de bord Excel en lecture seule ?
Oui. Enregistrez le classeur sur OneDrive ou SharePoint Online, puis partagez-le en décochant l'option Peut modifier. Le lecteur accède cependant à tout le classeur, feuille de données comprise : il voit chaque ligne, pas seulement les totaux. Pour ne montrer que les indicateurs, il faut un outil qui sépare les données de leur affichage.
Combien d'indicateurs mettre dans un tableau de bord ?
Quatre à six indicateurs principaux, visibles sans faire défiler l'écran. Au-delà, le lecteur ne sait plus lequel regarder. Choisissez ceux qui déclenchent une décision : un chiffre d'affaires du mois en retard, un panier moyen qui baisse. Les autres chiffres peuvent vivre dans un onglet de détail, consulté seulement quand un indicateur principal bouge.
Sources
- Microsoft Support : Insérer un tableau
- Microsoft Support : Utilisation de références structurées avec des tableaux Excel
- Microsoft Support : Fonction SOMME.SI.ENS
- Microsoft Support : NB.SI.ENS
- Microsoft Support : Créer un tableau croisé dynamique pour analyser des données de feuille de calcul
- Microsoft Support : Créer un graphique croisé dynamique
- Microsoft Support : Utiliser des segments pour filtrer les données
- Microsoft Support : Créer une chronologie de tableau croisé dynamique pour filtrer des dates
- Microsoft Support : Actualiser une connexion de données externes dans Excel
- Microsoft Support : Collaborer sur des classeurs Excel simultanément avec la co-édition
- Microsoft Support : Afficher les modifications apportées dans un classeur